L’esprit du roman est l’esprit de la complexité

L’esprit du roman est l’esprit de la complexité. Chaque roman dit au lecteur : « les choses sont plus compliquées que tu ne le penses ». C’est la vérité éternelle du roman mais qui se fait de moins en moins entendre dans le vacarme des réponses simples et rapides qui précédent la question et l’excluent.
in l’Art du roman, L’héritage décrié de Cervantès, Milan Kundera, 1986

Il n’y a pas de paix possible entre le romancier et les agélastes. N’ayant jamais entendu le rire de Dieu, les agélastes sont persuadés que la vérité est claire, que tous les hommes doivent penser la même chose et qu’eux-mêmes sont exactement ce qu’ils pensent être. Mais c’est précisément en perdant la certitude de la vérité et le consentement unanime des autres que l’homme devient individu. Le roman, c’est le paradis imaginaire des individus. C’est le territoire où personne n’est possesseur de la vérité.
in l’Art du roman, Soixante-neuf mots, Milan Kundera, 1986

Inscrivez-vous pour recevoir une notification mensuelle des dernières chroniques !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.