Alexandra Koszelyk – À crier dans les ruines

« Un vent au champ guerrier emplit ses oreilles. Un tapis d’herbes radioactives se dresse, ses extrémités sont aussi pointues que des lances de soldats. Sur cette terre, les hommes ne sont plus les bienvenus : la nature est devenu la reine, tous ses pions sont tombés en 1986. Elle est une amazone, et défie quiconque veut s’en approcher. Que reste-t-il de l’ancienne Pripiat ? »

Tchernobyl, 26 Avril 1986 à 1h23, le réacteur numéro 4 explose.

D’un ton enlevé et rocailleux aux phrases courtes et sèches, Alexandra Koszely nous ouvre les portes de la mémoire ukrainienne de cet accident nucléaire civil avec ses expatriés, ses morts et ses vivants sans futurs.

Pourquoi écrit-on si peu sur Tchernobyl ? Que de livres et d’émissions télé sur la guerre, les camps, les conflits, les repentances mémorielles, les mémoires victimaires aux décomptes morbides mais pas Tchernobyl !

Se pourrait-il que Tchernobyl puisse instiller dangereusement un doute la foi dans le progrès et la science ?

**Soundtrack ‘Promise land’ by Hannah Miller

« Ta mère est devenue cette conquérante qui s’est relevée après la catastrophe. Son corps a replanté ses racines en France , elle t’a élevée comme je l’avais fait : sans regarder en arrière. »

Enfant de Prypiat, Léna, enfant suivra ses parents, ingénieurs nucléaires, jusqu’à Cherbourg tandis qu’Ivan, son amour d’enfance, restera fidèle à sa terre et ses racines. Nous suivrons ainsi la jeune slave exilée de son intégration à la France jusqu’à ce voyage, 20 ans plus tard, à Tchernobyl où Léna viendra affronter son passé et le passé, le souvenir d’Ivan son amour perdu et la réalité de la catastrophe comparable à l’Holodomor, la grande famine des années 30.

« À 25 ans nous étions une jeunesse usée. Tout n’était que pourriture, saleté et détresse. Alors nous buvions. Jour et nuit. Nous oubliions ainsi notre ruine. Lorsque l’un de nous était condamné par une cirrhose ou une hépatite, nous éclations de rire face au destin. Ce ne seraient pas les radiations qui nous tueraient. Un joli pied de nez à la réalité ! »

Un roman d’amour, une recherche de racines et d’identité, un étonnement sur la résilience de la nature végétale et animale, sur les enfants de Tchernobyl installés à Slavoutytch, la ville nouvelle des no futur.

Aux forges de vulcain, 2019, 250 pages, 19€

Lectori salutem, Patrick

8ème édition du Prix Libraires en Seine – 2020 – Quid Hodie Agisti

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