
« Mes mains puent aussi la cendre, celle des brûlis ou des lance-flammes. Le savon n’y fait rien. Je me lève et ça chlingue. » (p 119)
Au coeur des bouleversements de la seconde moitié du XXème siècle : Ronan, aventurier et guerrier, fidèle et félon, agent aux identités multiples, trois fois blessés, visitant camp de prisonnier et cachots entre Brest et le Morvan en passant passant par Londres, Casablanca, Alger, Diên-Biên- Phu et Saïgon. Une vie par dessus sa mort, la mort de cet autre que le dessin, la nage jusqu’au bout de la fatigue, les femmes ou les armes ne pourront remplacer.
« N’être à rien attaché sinon à ce rêve ouvertcomme une clairière éclaircie à la machette, au bout des pistes connues. Me dissoudre et puis renaître. » (page 17)
Des pseudos pour se cacher, des noms pour vivre une autre vie, qui est-on, vraiment quand l’on est tout autant Ronan Keren, Rony Kervin, René Saintonge, de Kervaren, Robin Servais, Romano Gallo ou Robert Velaine (Bob). Toujours plus loin hic sunt dracones.
« Et puis la France avait changé : on y croisait tout de héros qui n’avaientrien cédé, et des intrépides qui avaient fait le coup de feu dans les maquis- autant d’apeurés plutôt, de roublards, parfois de complices. Le monde avait repris les affaires et retrouvé ses bureaucrates, ses marchands et ses banquiers. » (page 107)
Certains apprécieront l’écriture rapide parfois même saccadée de l’auteur invitant le lecteur à dévorer ce très intéressant ouvrage. D’autres s’en fatigueront déplorant le manque de changement de rythme, parfois même se sentant oppressés par cette plume enlevée à l’indéniable talent.
« Et puis, s’il fallait en rajouter dans l’horreur, le tragique, notre ville, Brest, le décor de nos vies anciennes, soumise pendant quatre ans auxbombardements, puis à un siège meurtres où des bombes au phosphore seraient utilisées, avait été quasiment rayée de la carte. » (page 105)
Editions STOCK, août 2026, 227 pages, 20€
Lectori salutem, Pikkendorff