C’était ça ou mourir – Thélyson Orélien

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« Le siècle d’avant a manqué de Hugo et là vous arrivez avec quelque chose qui est absolument hugolien. »

Le pauvre milieu littéraire tombe de sa chaise, le futur Victor Hugo est un plagiaire récidiviste dont le roman, analysé par le logiciel de détection Pangram, aurait été écrit grâce à des IA générateur de textes.

Pangram qésaco ?

Et l’on découvre qu’à l’heure de l’IA l’édition française ne se serait pas doté d’outils pour chasser le plagiat et les voleurs. De l’autre côté de l’Atlantique le contrôle est industrialisé. Pangram n’est d’ailleurs pas le seul outil permettant de traquer les tricheurs. Il est associé avec une famille de chasseur de voleurs.

  • Proofig AI : analyse de l’intégrité des images et détection de manipulations ou d’images générées par IA.
  • iThenticate (Turnitin) : analyse de la similarité des textes et détection du plagiat.
  • Pangram Labs : détection de textes générés par intelligence artificielle.
  • DataSeer : vérification de la conformité aux politiques de science ouverte (Open Science).
  • RefGuard : contrôle de l’intégrité et de l’exactitude des références bibliographiques. [1]

« C’est une honte de se taire, et de laisser parler mes barbares. » in Philoctète, Euripide

Lisez plutôt Celles qui attendent de Fatou Diome

Le déchirement de l’exil vous intéresse. Lisez plutôt Celles qui attendent de Fatou Diome. Au fil des pages tout y passe des religions aux gouvernements, de l’humanitaire aux banquiers, de la tradition à la modernité, les émigrés partant laissant le pays sans force, les occidentaux faisant semblant de les empêcher et restant des colonisateurs, la polygamie entrainant une surnatalité, l’absence d’éducation des femmes… Ce roman est un essai, un cri, il force le respect dû à la guerrière guelwaar. 

« La polygamie n’est pas si terrible que ça. » C’était là la pire insulte jamais faites aux martyres de cette pratique d’un autre âge.”

“Un léger vent soufflait, soulevait le linge multicolore tardivement étendu par une femme aux ongles déchiquetés qui, théorie de la décroissance ou pas, aurait voulu elle aussi une machine à laver.”

“Dans l’esprit des défenseurs du microcrédit, qui croyaient agir pour leur bien, 2% ce n’était rien. Arame et Bougna avaient certes mis du temps, mais elles avaient fini par se rendre compte qu’un bénéfice de 2% multiplié par un nombre incalculable de pauvres restait pour la banque une manière d’engranger du profit, aussi efficacement qui prêtent aux riches, moins nombreux, à des taux plus élevés. Le capitalisme humanitaire n’existe pas.”

Que vaut réellement le livre ?

Voici ce qu’en disent les invités et l’animateur, Augustin Trapenard, sur France 5 dans l’émission La Grande Librairie du 2 septembre 2026 :

  • « Ce livre, c’est un évènement. »
  • « Ça n’a jamais été écrit avant, c’est la première fois. »
  • « Il y a une langue poétique pour dire l’indicible alors la mort n’a pas le dernier mot. »
  • « Le siècle d’avant a manqué de Hugo et là vous arrivez avec quelque chose qui est absolument hugolien. »

Devinette Victor ou Thélyson 

Evidemment je n’ai pas donné un penny à ce voleur. Mais une lectrice enthousiaste participant à un fil Facebook propose cette longue citation tirée des pages 134 et 135 que l’on pourra comparer à des extraits au hasard de Hernani Acte IV, scène III et de la Légende des Siècles.

« Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes, échevelé, livide au milieu des tempêtes, Caïn se fut enfui de devant Jéhovah. Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva au bas d’une montagne en une grande plaine ; Sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »

« Là où nous étions, c’était un « centre d’accueil », pas un hôtel ni un camp de réfugiés officiel, juste une grande tente militaire plantée sur un terrain vague à la sortie d’un bourg qu’on ne voit même pas sur Google Maps. Un entrepôt de fortune pour la tristesse bien tassée. Il y avait des lits superposés en fer, pas de matelas mais des bâches, et des gens. Des gens qui n’osaient plus parler de peur de réveiller ce qu’ils avaient vu.« 

« Les saints nous protègent. Les morts nous servent. Dieu nous garde, Qui vive. Ad angusta, Per angusta.« 

On était des centaines. Des Haïtiens, des Colombiens, des Vénézuéliens, des Cubains, des Africains ; ce jour-là je suis même tombé sur un Ouïghour du Xinjiang, en Chine il s’appelait Akmeth. Petit, sec, l’œil noir comme l’oubli, la voie douce comme du thé amer. Il m’a parlé en espagnol et en un français cassé, avec un accent que même les anges n’auraient pu situer. Mais on s’est compris. Car entre les survivants, il y a une langue qui ne s’apprend pas – elle se ressent. Il m’a demandé mon prénom, je lui ai dit Jonas, et il m’a tendu un sachet plastique contenant un peu d’eau sucrée. Je l’ai bu en entier, d’un coup. Il m’a regardé comme on regarde quelqu’un qu’on comprend trop bien. Puis il a commencé à parler, à se vider, comme si j’étais un puits et lui, un torrent. »

Vous êtes arrivés jusque là ? Bigre. Alors ? Impressionné par la langue hugolienne de Monsieur Orélien ? 

Éditions Grasset, août 2026, 444 pages pour un 26€ que l’on évitera de dépenser.

Lectori salutem, Pikkendorff

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