NICOLE CANET – MAISONS CLOSES 1860 – 1946

« Il faut y aller, pour avoir cette foutue carte. La consultation est gratuite, mais impossible d’acheter le médecin. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Baisage en levrette, Savonnette impériale, Voyage en terre jaune … Je lui ai tout proposé, il n’a rien voulu prendre. Même pas un glougoutage du poireau. Et pourtant, si, je glougloute avec de la menthe. »

Renée Dunan (1892 – 1936) écrivain, critique et poétesse française a publié sous de nombreux pseudonymes des ouvrages érotiques aux titres évocateurs : La triple caresse, la Culotte en jersey de soie, le Brigand hongre, le Sexe et le poignard, la vie ardente de Jules César ou encore les jeux libertins.

Renée Dunan décrit par le menu le catalogue des services tarifés d’un personnage de roman, Mademoiselle Marcelle Lapompe.

« Bonjour, je m’appelle Marcelle Lapompe, péripatéticienne presque agréée. La plupart du temps je tapine à mon compte. Des fois avec des collègues. »

La description des services est particulièrement réussie. Elle méritera d’être en exergue des chambres à coucher des couples. Elle pourra servir à Monsieur François II le Normal à comptabiliser les prestations de la Favorite officielle.

Nice Matin du 4 Août 2012 nous informe

« Si les prix du sexe tarifé (50 euros l’amour, 30 euros la fellation) semblent être alignés partout – quel que soit le coin de trottoir ou l’origine de la prostituée selon un accord global et manifestement tacite entre tous les proxénètes -, les affaires vont mal. La crise est aussi passée par là. Les clients sont de plus en plus rares. Et c’est du coup avec d’autant plus « d’agressivité commerciale » que la prostitution sévit depuis quelques mois sur des trottoirs saturés. »

De l’inflation des prix des services

Depuis 1915 l’inflation a été d’un facteur 2 500, ce qui très grossièrement met le Franc 1915 vaut environ 3,8 €uros soit 17€ et 13€ au lieu des50 et 30 euros. La livre de pain 1915 à 0,8€ tend à confirmé un renchérissement du coût de la vie et des plaisirs simples.

Les maisons de plaisirs – Le Chabanais

Comme ses semblables Le Sphynx, le One Two Two ou la Fleur Blanche, le Chabanais ferma ses portes en 1946. On peut encore visiter le hall et apercevoir l’escalier et sa belle rampe en fer forgé, ainsi que les deux ascenseurs, l’un pour monter, l’autre pour descendre, destinés à évier les rencontres gênantes.

Remerciements

  • La photo et bien des textes sont au crédit des Editions Nicole Canet in Maisons Closes 1860 – 1946,
  • Retrouvez la Galerie d’Art de Nicole Canet Au bonheur du jour sise rue Chabanais à Paris.
  • La mystérieuse entrevue : « L’érotisme est une pornographie de classe. »
  • Merci au très documenté Urban Trip Paris et le blog de Céline.
  • Et aussi à France Inflation, très précis et juste : un site à consulter pour les évolutions d’index

Lectori salutem, Patrick

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