François Foucart- Derniers mots

« – Mais enfin, mon fils, vous pensez bien que tout ne va pas s’arrêter là, qu’il y a quelque chose de l’autre côté ?
-Monsieur l’aumônier, vous êtes formidable : on va me couper le cou dans cinq minutes et vous me posez une devinette. »
Héros ou criminel, les condamnés face à la guillotine ou au peloton d’exécution ont écrit ou parlé avant de franchir le seuil de cette vie. Courage ou détachement, rage ou recueillement, ces derniers mots nous renvoient à notre condition et questionnent sur les derniers moments. Un ouvrage discret et de référence.

« De nous tous, seuls les deux chevaux du fourgon de la guillotine m’ont paru innocents »Tourgueniev, à l’occasion de l’exécution de Jean-Baptiste Troppmann, 19 Janvier 1870

Révolutionnaires ou élites du moment, combattants de la liberté ou simples salauds, anarchistes ou psychopathes, bandits ou grands criminels, résistants ou reprouvés, François Foucart nous fait revivre leurs derniers instants où la grandeur le dispute bien souvent à la dignité.
 » Monsieur, vous êtes officier allemand. Je suis officier français, nous avons tous les deux fait notre devoir, permettez-moi de vous embrasser. »
d’Estienne d’Orves au Mont Valérien avant de crier Vive la France et de s’écrouler.

Recommandation de Louis XVI à son fils en son magnifique testament reproduit in extenso s’il avait le malheur de devenir Roi. Bien des Présidents pourrait se l’appliquer à eux-mêmes.
« Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un ROI ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n ‘inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. »

La peine de mort est aussi une histoire de bourreaux. Si les Samson père et fils eurent cet honneur, Anatole Deibler, entre 1899 et 1939 vit 395 têtes rouler dans la sciure.
« les femmes, c’est gênant. On ne sait pas par où les attraper. La poitrine plus ou moins dénudée, la jupe qui se relève, ce n’est pas convenable… »

La conversion.
Et il est des moments où l’homme change, où l’homme qui a tué n’est pas celui qui a été guillotiné. Telle est par exemple la conversion de Jacques Fesch pour lequel le président Coty regrettera de ne pas l’avoir gracié.
« J’ai récité mon chapelet quelle paix, quelle extraordinaire lucidité d’esprit ! Je me sens léger, léger et toute crainte est pour le moment écartée le ne suis pas seul mais mon Dieu est avec moi. Plus que cinq heures à vivre ! Dans cinq heure je verrai Jésus. »

Les poésies de André Chénier (1762 – 1794) ou de Robert Brasillach (1909 – 1945)

Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphire
Anime à la fin du jour,
Au pied de l’échafaud j’essaie encore ma lyre.
Peut-être est-ce bientôt mon tour ;

écrit le 25 Juillet 1794, le matin du dernier voyage.

D’autres sont venus par ici
Dont les noms sur les murs moisis
Se défont déjà, et s’écaillent
Ils ont souffert et espéré,
Et parfois l’espoir était vrai
Parfois il dupait ces murailles.

In Les noms sur les murs, 1ère strophe, Poèmes de Fresnes, Robert Brasillach 28 Octobre 44

En exergue, Lenoir à la Santé.

Une délicate préface de Michel de Jaughere
Via Romana, 2016, 188 pages pour un léger 19 Euros au regard du travail accompli.

Lectori Salutem, Patrick

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *