
« Plus qu’au sens, il faut nous attacher à la présence de ce que l’on transmet. Témoigner, c’est faire signe – rendre présent l’invisible – en chaque aujourd’hui être un signe vivant du Christ qui croît en humanité.
Ne te contente pas de vivre : deviens la vie, deviens le Christ qui est en toi, deviens celui que tu pries. Le problème sera toujours celui de la mise à distance, de ce terrible écart creusé par la réflexion, qui n’est pas si sensible mais finit par accuser les retards, les discordances, les décalages ou les malfaçons. Il nous faut être. Sans confusion, la transparence dissout la distance qui demeure.
La multiplicité des désirs, par leur activité incessante, comme un grouillement, une activité désordonnée, nous tire en dehors de nous-mêmes et nous installe dans un perpétuel déséquilibre. Il ne s’agit pas de les refréner, mais de revenir, pas un mouvement inverse et unificateur, à celui qui nous habite plus intérieurement, plus profondément, celui qui nous fonde, notre seul désir, en qui et par qui tous les autres désirs trouverons leur accomplissement s’ils ont une place en lui, avec lui. L’équilibre est rétabli. La paix sera constante. »
L’extrait proposé ce mardi 1er juillet 2025 à la lecture comme méditation en page 18 du Magnificat de juillet 2025 m’a enthousiasmé, enthousiasme douché quand j’ai découvert que cet ouvrage publié en décembre 2024 était épuisé. Aussi je le partage et espère qu’il soit réimprimé.
Magnifique présentation des éditions Gallimard
Je est amour constitue le testament de Philippe Mac Leod (1954-2019). Il y partage une dernière fois ce que lui a appris l’écoute de la vie.. Comme une évidence, l’expérience de soi mène à l’expérience de Dieu.
« La sagesse du vivant fait éprouver, dans notre chair, dans notre existence, ce en quoi nous croyons, celui en qui nous plaçons notre foi. Cette connaissance intime, par le coeur, le vécu de chaque jour, chaque instant, surgit à la lumière de la rencontre. Une rencontre ne laisse jamais indemne. On peut croire au Christ sans jamais le rencontrer, sans jamais établir de lien, de rapport personnel avec lui. Et l’on ne peut le rencontrer si l’on ne s’est pas rencontré soi-même. Parce que nous sommes chacun unique, cette expérience ne peut être que singulière : Dieu va parler en chacun différemment ».
Je est amour ne décrit pas une méthode. L’écriture de Philippe Mac Leod veut avant tout rendre possible une Rencontre. Pour qu’à notre tour, nous puissions éprouver que notre identité personnelle est inséparable de l’amour du Christ, qui dépasse tout entendement.
Ad Solem, 2024, 124 pages, 22€
Lectori salutem, Pikkendorff