
« Je ne croyais pas, certes, que tes édits eussent tant de pouvoir qu’il permissent à un mortel de violer les lois divines : lois non écrites, celles-là, mais intangibles. Ce n’est pas d’aujourd’hui ni d’hier, c’est depuis l’origine qu’elles sont en vigueur, et personne ne les a vu naître. » Antigone répondant au roi Créon.
Un livre de droit essentiel pour qui veut comprendre le sous-tendu idéologique des défenseurs du droit positif et, par là, pour qui veut s’offrir les outils pour défaire les sophistes modernes, penser le retour au droit naturel, prémisse d’un retour d’une société juste avec le respect de la dignité inviolable de la personne humaine et mettre fin au relativisme en retrouvant le vrai, le beau, le juste et le Bien commun.
Depuis la Grèce antique deux conceptions du droit s’opposent :
- Le droit positif : le droit comme expression de la volonté de ceux qui exercent le pouvoir – prince, assemblées, peuple) Pour Protagoras (485 – 410), l’homme est à la mesure de toute chose. Seule compte la loi humaine. Le vrai, le bien et le juste sont des notions relatives.
- Le droit naturel : le droit comme la recherche de ce qui est juste, bon équitable. Dans toutes les sociétés traditionnelles, aux quatre coins du monde, toutes les civilisations ont affirmé l’existence de principes qui permettent aux hommes de s’engager sur la voie d’une vie droite, conforme à l’ordre naturel.
L’auteur brise un tabou
La notion de droit naturel nous vient de l’Antiquité gréco-romaine et a pétri les nombreux siècles de l’Occident chrétien.Nos élites, qu’elles appartiennent au monde politique, au monde juridique ou à l’Université française – ne jurent plus que par le droit positif et, frappés d’amnésie partielle, ignorent ce mur porteur de la condition humaine, fondement même de l’État de droit libéral.
La notion de droit naturel nous vient de l’Antiquité gréco-romaine, c’est-à-dire de fort loin, et qu’elle a pétri les nombreux siècles de l’Occident chrétien. Alors, que peut-il y avoir a priori de novateur dans l’examen de cette vieille chose ? Eh bien, tout, parce que vous brisez un tabou. Cette intrépidité tranquille n’est d’ailleurs pas le moindre atout de votre ouvrage, et le Jury du Prix en en goûté le sel. En effet, comme je vais avoir le plaisir de le rappeler en quelques mots, l’itinéraire historique que vous nous proposez de suivre est passionnant, il explique le rayonnement de notre civilisation, mais il est aujourd’hui non moins passionnément jeté aux oubliettes. Le « Droit naturel » ? Nos chapeaux à plumes, qu’ils appartiennent au monde politique, au monde juridique ou à l’Almamater – je veux parler de l’Université française – ne jurent plus que par le droit positif et, frappés d’amnésie partielle, ignorent ce ‘’mur porteur’’ de… la condition humaine – excusez du peu ! Nous ne saurions donc trop louer l’universitaire exigeant et peu conformiste que vous êtes, Monsieur, d’avoir su introduire et de savoir conduire vos lecteurs dans la compréhension fine de la nature et des enjeux du Droit naturel, de ses tribulations au cours des âges et de sa pertinence cruciale aujourd’hui, où les promesses mirobolantes d’homme ‘’augmenté’’ nous aveuglent sur les amputations de notre raison et de notre liberté qui vont de pair avec ces promesses-là. (in Laudatio du Prix AES 2024)
Aller plus loin
- Revue de droit constitutionnel, Questions constitutionnelles : Le droit naturel, possible remède la crise l’universalité des droits de l’homme
- La revue thomiste, Revue doctrinale de philosophie et de théologie
- ISTA, l’Institut Saint-Thomas d’Aquin (ISTA) est un centre d’études supérieures qui sein de l’enseignement supérieur français, civil et ecclésiastique, l’ISTA est un lieu de réflexion et de formation scientifique à la Doctrine sacrée à l’école de saint Thomas d’Aquin, dans l’unité de la foi de l’Église catholique
- Préface par le cardinal Raymond L.Burke. Une préface qui à elle seule vaudrait déjà l’achat du livre.
- Avant-propos du P. Jean-Rémi Lanavère. Don Jean-Rémi Lanavère, prêtre à la Communauté Saint-Martin, est directeur adjoint des études à la maison de formation, en charge de la philosophie. Ancien élève de l’École Normale Supérieure, agrégé de philosophie, il a réalisé son doctorat (Université Pontificale du Latran / École des Hautes Études en Sciences Sociales) sur la dimension politique de la loi naturelle chez saint Thomas d’Aquin : Pour quelles raisons la loi naturelle est-elle naturelle ? : La naturalité de la loi naturelle chez Thomas d’Aquin (2022) : S’agissant de la loi naturelle chez saint Thomas d’Aquin, il est possible et nécessaire de s’interroger sur sa légalité : en quoi est-elle une loi ?
- L’auteur, Philippe Pichot-Bravard, né en 1974, est docteur en droit, Maître de conférences à l’université de Brest, chargé de cours à l’université d’Angers et à l’Institut catholique d’études supérieures (La Roche-sur-Yon), professeur au séminaire de l’Institut du Christ-Roi, à Florence, il enseigne l’histoire du droit public et l’histoire des idées politiques. Sa thèse, intitulée Conserver l’ordre constitutionnel (XVIe-XIXe siècle), a été publiée en 2011 aux éditions LGDJ.
- Prix de l’AES 2024, l’Académie d’Éducation et de Sciences Sociales
- Le Laudatio du prix AES 2024 ou discours de l’Académie lors de la remise du prix
Éditions Via Romana, 2023, 174 pages + Bibliographie de 78 ouvrages et 14 articles, 17€
Lectori salutem, Pikkendorff
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