
« Ces tristes joueurs d’une sombre comédie, ces danseurs d’un ballet d’ombres chinoises, ces neurasthéniques à vie, ces trotte-menu de la décadence, ces chevrotants de l’abandon, ces débrouillards de la déchéance, ce chloroforme de l’anesthésie nationale, ces cloportes de marécage, ces coureurs de maroquins, ces voraces qui se mangent la laine sur le dos les uns les autres. »
Délicieux, intelligent, fin, sérieux, drôle…Une lecture d’été à ne pas manquer.
Là où les modernes n’ont plus que des éléments de langage, des pistolets à mots pou faire mumuse dans l’hémicycle ou sur les plateaux télé, la dernière livraison de la Revue des deux mondes convoque les anciens :De Gaulle, Clémenceau, La reine Elisabeth II, Churchill, Mitterrand et plus loin, la Rome antique…pour une revue de l’humour en politique avec l’intelligence de l’esprit car « c’est faux mais c’est drôle, donc c’est vrai. »
Extraits
« Ces tristes joueurs d’une sombre comédie, ces danseurs d’un ballet d’ombres chinoises, ces neurasthéniques à vie, ces trotte-menu de la décadence, ces chevrotants de l’abandon, ces débrouillards de la déchéance, ce chloroforme de l’anesthésie nationale, ces cloportes de marécage, ces coureurs de maroquins, ces voraces qui se mangent la laine sur le dos les uns les autres. »
De Gaulle, Tonton flingueur par Christian Authier, page 13 (De Gaulle, octobre 1946)
« L’effondrement de la vie dans la machine des comportements et, selon Bergson, la vraie cause du rire, car la durée créatrice, l’élan vital, l’énergie spirituelle, ignore la répétition. Le comique, c’est du mécanique plaqué sur du vivant. L’humour vient résumer l’observation. »
Clémenceau, la griffe du tigre de Yves de Gaulle, page 17
« L’Amérique est la seule nation de l’histoire à être passée miraculeusement de la barbarie à la dégénérescence sans l’habituel intervalle de civilisation. »
L’humour, une arme très politique par Jean-Michel Djian, page 27 (attribué à Clémenceau)
« C’est faux mais c’est drôle, donc c’est vrai. »
Par Marin de Viry, page 73
« Le vide inhérent du capitalisme est la répartition inégale des bienfaits ; la vertu inhérente du socialisme est l’égal partage des misères. »
Churchill, la férocité sur mesure par Frédéric Verger, page 44
Et tant d’autres encore à découvrir en cliquant ici.
Bonne lecture d’été.
Lectori salutem, Pikkendorff