Les chevaliers de Malte – Armel de Wismes

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« Entrer dans ses ordres, c’était donc accepter un état. Ces hommes voulaient atteindre la cité de Dieu en vouant leur vie entière a une double tâche : pratiquer une charité active au service des plus infortunéet défendre toutes les faiblesses par les armes lorsque la justice leur en faisait un devoir. »  (page 9)

Foi et Charité. Les grands ordres chrétiens de Moyen Age affirmèrent bien avant les « Droits de l’Homme » que la personne humaine est irremplaçable et sacrée. Et de tous les ordres de chevalerie issus des Croisades, celui des frères de Saint Jean de Jérusalem, devenus chevaliers de Rhodes en 1310, puis chevaliers de Malte en 1530, est encore le plus important. L’Ordre existe toujours. Son histoire devrait s’écrire en sur des feuillets d’or, de pourpres, en capitales disait Jean de la Varende. 
C’est son histoire qui est continuée tous les jours auprès des de nos Seigneurs les Pauvres et les Malades. 
C’est son histoire avec force détails qui là contée.

L’homme du XXIème siècle peut-il encore désirer entrer en chevalerie ? Les vrais chevaliers du temps passé ne prétendaient améliorer le monde qu’après s’être changés eux-mêmes. Pour sauver le temporel, ils savaient s’y implanter, mais leur vie étaient un affrontement perpétuel. Qu’aujourd’hui à la lecture de cet ouvrage des hommes se lèvent, que ces Chevaliers du XXIème siècles se regroupent au service des plus fragiles et alliant la Foi et la Charité apportent la paix à ce monde.

« Les chevaliers des anciens ordre hospitaliers et militaires restaient intimement liés par la pratique de règles communes à tous. Les insignes de ces ordres sont toujours des croix, parce qu’ils naquirent en Orient de groupements religieux. Mus par le désir légitime de défendre les opprimés, ils se placèrent très vite au-dessus des patries et des clans pour défendre ensemble la chrétienté. » (page 9)

Les dates clés

vers 1050 à 1070 – À Jérusalem avant les croisades

Les chrétiens avaient le droit de venir en pèlerinage en Terre Sainte alors sous la protection de Constantinople (ex-Byzance). Entre 1050 – 1070 des marchands amalfitains obtiennent du Calife Fatimide, maître de la Syrie, de construire, « à un jet de pierre du Saint Sépulcre, une église, un monastère et des locaux pour y recevoir les pèlerins. L’hospice, placé sous la protection de Saint Jean Baptiste, y soignait musulmans, juifs et chrétiens. L’hôpital était né sous la direction du Gérard, fondateur de l’Ordre, originaire de l’État indépendant de Provence vassal de l’Empire, qui plaçât dès le début des actions sous la protection de Saint Jean Baptiste le Précurseur.

1071 – Défaite de Manzikert (Malâzgerd)

Les Seldjûkides de Alp Arslân, envahissent l’Anatolie et détruisent l’armée de l’empereur byzantin Romain Diogène à Manzikert (Malâzgerd).

1076 – Les Seldjûkides enlèvent Jérusalem 
aux Fatimides d’Egypte. Ils envahissent la Syrie et la Palestine. L’on parle aussi des Aljoncides. Gérard et les siens continuent leur misison à l’Hospice.

1095 – Prise de Jérusalem par les Croisés

à l’appel de Urbain II les Croisés entrent à Jérusalem et découvrent l’hôpital.

1113 – Bulle du Pape Pascal II le 15 février 1113

Approbation par le Pape Pascal II des statuts de l’Ordre de Gérard. Ils sont les chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, porte une robe noire avec une croix blanche à huit pointes rappelant les huit béatitudes et prononcent les trois voeux monastiques : pauvreté, célibat, obéissance.
L’hôpital pouvait soigner 2 000 malades : hommes, femmes, enfants. Les chevaliers en sus de leurs taches se préoccupèrent de protéger les pèlerins. 

1187 – Chute de Jérusalem face à Saladin

Les chevaliers quittent la ville avec les malades et blessés.

1187 – Le lent recul pendant des décennies

Tyr, Margat, Tunis (1270 mort de Louis Saint Louis), Krak des chevaliers (1271), Homs (1280), Saint Jean d’Âcre (1291)…

1291 – Chypre chez les Lusignan

Venus en galères avec leurs archives les chevaliers s’installent à Limisso. Jean de Villiers installe le siège de l’Ordre. Son successeur Foulques de Villaret parvint à bâtir une flotte qui en 1308 dénombrait vingt-cinq galères portant les enseignes rouges et argent des Joannites. L’Ordre prit le parti de la mer pour les cinq siècles qui suivirent.

1309 – 1310 – Conquête et installation à Rhodes

Notez que la porte de l’hôpital de Rhodes est visible dans la salle des croisades au château de Versailles. Création de la Sacrée Infirmerie (toujours visible): le palais des malades, des pauvres, des plus infortunés. Après le concile de Vienne (1312), les hospitaliers reçoivent les biens de l’Ordre du Temple. Premier bateau-hôpital (1523)

1523 – Expulsion de Rhodes

Chute de Constantinople (1453). Le 1er janvier 1523 cinquante navires sortent du port de Rhodes avec les blessés et les malades, l’image miraculeuse de Notre Dame de Philerme et les archives, la dextre de Saint Jean Baptiste et la Sainte Épine. Soliman a accepté la reddition de l’Ordre face au Grand Maître Villiers de l’Isle-Adam.
Les chevaliers vont errer sept ans à la recherche d’une nouvelle patrie.

1530 – Malte

Après une installation provisoire en Italie, le Pape Clément VII obtient de Charles Quint la cession de l’Île de Malte au prix d’un faucon chaperonné de soie par an au jour de la Toussaint. Construction de l’hôpital (1430), de la Sacrée Infirmerie (1575), d’une école d’anatomie et de chirurgie (1676)

et de médecine (1771)

1565 – Le grand siège de Malte – Victoire des chevaliers

Un siège épique qui a marqué l’histoire. Face à face de mai à septembre 1565 38 000 mahométans et 8500 chrétiens menés par le Grand Maître Jean de La Valette face à Soliman le Magnifique. En mémoire la capitale de l’île de Malte pris de le nom de La Valette.

1571 – La bataille de Lépante

La Vittoria, la Saint-Pierre et la Saint-Jean quitte Malte pour rejoindre la Sainte Ligue. 200 navires de part et d’autre, 4 000 mètres de front.

1798 – Bonaparte chasse les Hospitaliers de Malte

1834 – L’Ordre s’installe à Rome

Chevaliers de l’Ordre de Malte aujourd’hui

Alors que jadis les membres de l’Ordre de Malte appartenaient traditionnellement à l’aristocratie, l’accent est mis aujourd’hui sur une noblesse d’esprit et de conduite en fidélité à ses principes fondateurs : “Tuitio Fidei et Obsequium Pauperum” – porter, témoigner et protéger la foi et servir les pauvres et les malades.

Selon la Constitution, les membres de l’Ordre de Malte sont divisés en trois classes.

  1. Les membres de la première classe sont Chevaliers de Justice, ou Chevaliers Profès et Chapelains Conventuels Profès, qui ont fait vœu de « pauvreté, chasteté et obéissance aspirant à la perfection suivant l’Evangile ». Ils sont religieux selon le droit canon, mais ne sont pas obligés de vivre en communauté.
  2. Les membres de la deuxième classe, en vertu de leur Promesse d’Obédience, se sont engagés à vivre selon les principes chrétiens et les principes inspirateurs de l’Ordre. Ils sont subdivisés en trois catégories :
    1. Chevaliers et Dames d’honneur et de dévotion en Obédience
    2. Chevaliers et Dames de grâce et de dévotion en Obédience
    3. Chevaliers et Dames de grâce magistrale en Obédience
  3. La troisième classe se compose de membres laïcs qui ne prononcent pas de vœux religieux ou de Promesse, mais qui vivent selon les principes de l’Église et de l’Ordre. Ils sont divisés en sept catégories:
    1. Les Chevaliers et Dames d’honneur et de dévotion,
    2. Les Chapelains conventuels “ad honorem”,
    3. Les Chevaliers et Dames de grâce et de dévotion,
    4. Les Chapelains magistraux,
    5. Les Diacres magistraux
    6. Les Chevaliers et Dames de grâce magistrale,
    7. Les Donats (hommes et femmes) de dévotion.

Bibliographie sommaire

  • René Borricand, Malte,
  • Arnaud Chaffanjon, Grands Ordres de Chevalerie, Taillandier,
  • Delaville-Leroux, Les Hospitaliers en Terre Sainte et à Chypre, Paris, 1904,
  • Delaville-Leroux, LEs Hospitaliers à Rhodes, 1913,
  • Claire-Eliane Engel, L’ordre de Malte en Méditerranée, Monaco, 1957,
  • Claire-Eliane Engel, Le grand siège de Malte, Paris, 1965,
  • Claire-Eliane Engel, Les chevaliers de Malte, 1972,
  • René Grousset, L’épopée des croisades,
  • Jardin, Le service de santé de l’Ordre de l’Hôpital de Saint Jean de Jérusalem,
  • Perennes, Les chevaliers de Malte dans la marine de Richelieu, Mémoire de maîtrise d’histoire, Chamébry ; 1992-93,
  • Walter Plassman, Malte
  • Pierredon de, L’Ordre souverain militaire des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, PAris, 1925,
  • Pierredon de, Histoire politique de l’Ordre souverain de Saint Jean de Jérusalem – Ordre de Malte, Paris, 1956,
  • Serrou, Ordre souverain militaire et hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem de Rhgodes et de Malte, Paris, 1963,
  • Vertot de, Histoire des chevaliers hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, Paris, 1726,
  • Varillon, L’épopée des chevaliers de Malte, Paris, 1957
  • Ordre SMH, Oeuvres Hospitalières Françaises de l’Ordre de Malte,( revue mensuelle)

Éditions France-Empire, 1998, 234 pages, non disponible autrement qu’en bibliothèque ou sur le marché de l’occasion. Il se lit aussi sur Gallica en cliquant ici

Les éditions France – Empire fondée en 1945 par Yvon Chotard ont cessé leurs activités officiellement en 2013

Les éditions France-Empire sont une maison d’édition française indépendante fondée en 1945 par Yvon Chotard ; elle est actuellement la propriété de Frédéric Aimard. L’important fonds appartiendrait dans des détails inconnus de nous et sans grande importance par ailleurs à Frédéric Aimard et à France-Catholique.

Lectori salutem, Pikkendorff

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