Magnificat Humanitas – Léon XIV

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Si l’on commence par être fasciné par la machine, on finit par mesurer l’être humain à partir d’elle, et par ne plus se demander qu’une chose : dans quel domaine l’intelligence humaine reste-t-elle plus performante qu’un ordinateur ? De glissement glissement, on réduit l’être humain à une machine moins efficace que les autres machines, puisqu’il les a justement inventées pour supplier à ses limites. L’orgueil de Babel dénigre ainsi ses propres bâtisseurs.

Il existe, notons-le, un glissement comparable bien que symétrique, qui consiste à se complaire dans l’effroi. De l’ère numérique, on ne voit plus que les risques. On s’installe dans la dénonciation de la catastrophe imminente, comme si la lucidité consistait ne percevoir que les menaces. Or, cette peur surestime encore la machine numérique et sa puissance, cette fois vue comme maléfique. 

C’est pourquoi la fascination et l’effroi sont les deux phases d’une même idolâtrie : dans les deux cas, on donne trop d’importance à la machine et trop peu à l’homme.

In Clé de lecture de Pierre-Yves Gomez de Magnificat Humanitas, Lettre encyclique sur la protection humaine humaine à l’ère de l’intelligence artificielle

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