Le sacrifice du roi – Livie Hoemmel

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“[…] ce jeu unique qui appartient à tous les peuples et à tous les temps, et dont personne ne sait quel dieu en fit don à la terre pour tromper l’ennui, pour aiguiser l’esprit et stimuler l’âme. Où commence-t-il, où finit-il ?” page 246

Un livre évènement révèle 50 ans après les faits les dessous inconnus de la guerre froide ou la lutte entre les USA et l’URSS pour démontrer la suprématie intellectuelle de leur modèle de société, l’un par l’individu, le génie d’un homme, Bobby Fisher, l’autre par le collectif, l’école soviétique d’échecs.

Le vieil homme , pseudonyme Livie Hoemmel, confesse sa trahison 50 ans plus tôt dans une narration où la réalité dépassant la fiction qui ne manquera pas de passionner les joueurs d’échecs du pousseur de bois au GMI et aussi tous ceux qui s’intéressent au renseignement, à l’histoire, à la psychologie, aux mystères. Les uns et les autres se demanderont qui a révélé le secret, avéré d’après des sources échiquéennes, de l’histoire du championnat du monde d’échecs de 1975 avec son lot de trahison, amour, passion, politique, histoire, psychologie, science, art…

“C’est lui [Fischer ndla] et presque lui seul, qui a fait prendre conscience au monde entier que les échecs, pratiqués à ce niveau, étaient aussi passionnants que n’importe quel autre sport. Aussi excitants qu’un combat à mort, aussi esthétiquement satisfaisants, qu’une œuvre d’art, aussi intellectuellement exigeants que les plus hautes des activités humaines.” page 19, Harold C. Schonberg, reporter au New-York-Times in Grandmasters of Chess, 1973, Philadelphia, Lippincott
En 1972 Robert James Fisher (Chicago 1943 – 2008 Reykjavik) écrase le champion soviétique, Boris Spassky, et avec lui l’école soviétique mettant en doute la supériorité intellectuelle du modèle socialiste et fragilisant d’autant les dirigeants de cet immense pays peinant à suivre les progrès techniques et économiques de l’Occident. La question se pose alors : Comment s’assurer qu’en 1975, lors de la revanche, l’URSS reprenne sa couronne face au génie américain ? Quelles manigances ? Quel plan machiavélique ? Qui est derrière le plan Enigma ? Qui est l’Alchimiste ?

À lire et à offrir aux lecteurs attentifs et curieux du monde qui les entoure.

Avertissement
Les nombreuses digressions rendues nécessaires pour couvrir une réalité dépassant la fiction pourraient perdre en route quelques lecteurs habitués aux thrillers tourne-page. Je les invite à entrer dans la réalité complexe, dans l’Histoire…

“Si vous étiez réellement un joueur d’échecs, dans une position perdue d’avance, vous abandonneriez par respect pour votre adversaire. Si vous dérogez à ce principe, si vous êtes obnubilé par la victoire au mépris des règles de courtoisie, vous êtes un profane, irrespectueux de l’esprit de ce jeu.” page 57

Conclusion

  • Sachez que l’essentiel vous a été dévoilé. Si vous voulez en savoir plus, il existe des centaines de livres, plus ou moins douteux.” (Page 318)
  • “Non, je ne serai pas de ces individus infâmes qui relatent la triste vie de Robert James Fischer après 1975.” (Page 366)
  • Car Bobby Fischer et le jeu d’échecs ne sont-ils pas les seules victimes de cet épisode de la guerre froide ?
  • « Tu peux dormir en paix, vieil islandais. » (page 439)

“Les échecs ont eu le mérite de combler d’autres lacunes. De m’inculquer le goût de l’effort, le sens du sacrifice, la notion d’harmonie, une forme de lucidité autocritique de capacité à prendre des décisions rapides en tenant compte de mes forces et de mes faiblesses. C’est en me perfectionnant dans cet univers que j’ai fini par être celui qui se tient devant vous. Alors à la question : “ Qui est Bobby Fisher ?”, je vous répondrai ce que tout Russe se doit de penser. C’est le plus grand joueur de tous les temps, un combattant hors normes, un gladiateur….” Page 55

Merci à Valérie-marlee9288, joueuse émérite, pour cette idée de lecture.

Plon, 2023, 441 pages, 22€

Lectori salutem, Pikkendorff

À propos du mystère entourant l’auteur (mise à jour 6 octobre 2023)

Si chacun a pu deviner que Livie Hoemmel était l’anagramme du Vieil Homme, le narrateur, peu d’indices permettent de deviner le nom réel de l’auteur de ces lignes. D’après des sources au sein du la famille échiquéenne, Gens Una Sumus, les faits seraient réels et connus en Europe de l’Est. Par ailleurs la famille Polgar a été proche de Bobby Fisher permettant de poser l’hypothèse Judith Polgar. Hypothèse qui pose la question de la traduction du hongrois en français dont il n’est pas fait mention.

Le brouillard reste.

Pikkendorff

  1. Il n’est de substance que la forme. Elle fut si belle par cet écrit qui à la manière d’un Umberto Eco nous emporte, nous maltraite et nous fascine. Bravo Judith Polgàr, c’est bien toi Livie Hoemmel. Pardonne tous ces imbéciles qui n’ont pas compris l’essence de ce livre. Aucun n’aura su déchiffrer les codes que tu as dicté.
    Ici et là des notes qui ne veulent rien dire. Ne savent t’ils pas que ton génie n’est pas perceptible pour un critique littéraire. Ne savent t’ils pas que ton vibrant hommage est sincère. Qu’il fallait bien qu’un jour ou l’autre tu fasses ton travail de griot des échecs.

    1. Hum, je comprends mieux le jeu de chaises musicales derrière la parution de cet ouvrage qui était annoncé en 2022 chez un éditeur différent puis encore un autre (états-unis) pour finalement s’évanouir dans la nature. Il fallait donc se mettre d’accord sur l’à-valoir qui selon mes sources était très important ,et l’interdiction de faire de la publicité. Seul un mécéne (Bolloré) pouvait accéder à ce genre de demande. Si c’est Judith Polgar l’écrivaine cet écrit est en effet une bombe.

  2. C’est Judith l’écrivaine ? Je suis heureuse de connaître enfin la raison de cette non comparution.
    Très bon livre, un peu trop complexe mais c’est le prix à payer.

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