
« Nous sommes sans patrie, puisque nous sommes sans famille et sans racines. Ce sont les gens qui consolident notre vie. Moi, la mienne s’effrite chaque jour, sans espoir de la voir reconstituée un jour. » (page 116)
Les mots se bousculent, les idées s’entrechoquent, l’auteur bouscule et choque ; le témoignage d’une génération née dans le quartier ouvrier de Casablanca Hay Mohammadi, une panoplie de visages inoubliables à l’auteur comme à son lecteur : Boûazza le voleur, Ayoub l’bizness, Aziza la prostituée, Raouf le dégueulasse, Abdelkhalek yeux éclatés, Ahmed le criminel, Amal la belle et indomptable et tant d’autres.
« La pauvreté n’était qu’un vocable vide de sens, et nous étions à dix mille lieues de savoir ce que la privation voulait dire. » (page 166)
Une langue riche et complexe, des récits de vies enchevêtrées, histoire d’hommes, histoire de territoires, des hommes et de Dieu, poésie de l’existence…À découvrir.
Yves Chemla, Hajar Moussalit et Mounir Serhani livrent respectivement préface, introduction et postface, toutes très philosophiques et hautement cultivées.
Quelques fautes éparses comme dix mille lieux au lieu de lieues
Orion éditions, 2ème édition, 2017, 252 pages, 15€
Lectori salutem, Pikkendorff