Les âmes noires de Saint Malo – Tome 1 – Hugo Buan

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« Je suis une honnête femme, moi, Monsieur ! Je ne permets pas ce genre de remarque ! Dès qu’on fume la pipe, ça crée des sous-entendus. C’est pas possible ! » (page 209)

Vif, drôle, bien conçu et raconté. Nivôse an XII (1802), entre Saint Malo et Saint Servan, de bars louches en maisons tolérances interdites mais tolérées, de malouinières en moulins, le commissaire Louis Darcourt, flanqué de ses deux complices Henri et Joseph, piste le meurtrier d’un personnage détesté hier de beaucoup rouvrant dix ans plus tard les dossiers des années noires, celles des Comités révolutionnaire, de la Terreur, des délateurs, des sycophantes et des fortunes rapides, trop rapides.

«- Je crois que je reviendrai avec mes hommes faire une inspection sanitaire chez vous, chère madame.
C’est pas de refus… Il vous faudra combien de filles ? » ( page 211)

Vous voulez connaître plus avant Saint Malo ?

L’auteur, un malouin aime et connaît son pays. Son livre en témoigne. C’est un guide dans l’histoire et la géographie de Saint Malo, Saint Servan et Parade: Saint Malo est une île, le passage depuis Saint Servan se fait à marée haute par barges. Plus risqué et incomfortable à marée basse. Le sillon est un cordon dunaire mille fois détruit par la marée. Le pont levis de la porte Saint Vincent a été supprimé au mitan du 18ème siècle.
le Proconsul Lecarpentier, un terroriste légal, et ses troupes a fait couler le sang en 1793 et 1794 bien aidés par une théorie de délateurs et accusateurs que l’on a revu durant la période covid.

« La concentration administrative avait son avantage, l’hôtel de ville, la sous-préfecture et le tribunal, jouxtaient l’église et les cimetières. La prison n’était pas loin. Les écoles et les bordels non plus. Avec tous les commerces environnants, la vie des dix mille habitants, sur ce rocher de dix-sept hectares ceinturé par sa muraille fortifiée, ressemblait à un jeu de piste et de cache-cache si l’on voulait éviter de rencontrer une personne indésirable. » ( page 83)

Une anecdote 

Où l’on apprend que le nom de l’Auberge du chat qui pète aurait la même origine que celle du chat qui danse…une machine infernale lancée en 1693 par les godons aurait fait tant de bruit que le chat aurait dansé ou….(page 77)

Rendez-vous pour le tome 2 avec en fil rouge, la recherche de sa sœur Justine, la Louve peut-être…

Merci à la librairie Odyssée, intra-muros, 4 rue du Puit aux Braies qui m’a si bien conseillé cet auteur alors que je résidais pour trois jours face à la mer dans cet excellent hôtel Beaufort

Aller plus loin

  • Le mois de Nivôse dans l’Encyclopédie
  • 5ème édition en 1798: Premier mois d’hiver de la nouvelle année Françoise.
    • Pour éviter la prononc. méridionale de [o] par [ɔ], Fabre d’Églantine a mis un accent circonflexe à nivôse, pluviôse, ventôse. V. Buben 1935, § 26. Étymol. et Hist. 1793
  • 6ème édition en 1835 : Le quatrième mois du calendrier républicain.
  • encyclopédie 6ème édition en 1878 : Le quatrième mois du calendrier républicain, qui commençait, suivant les années, le 21 ou le 22 décembre.
  • 9ème édition (actuelle) : XVIIIème siècle. Mot créé par Fabre d’Églantine à partir du latin nivosus, « plein de neige, abondant en neige ». Le quatrième mois du calendrier républicain, qui allait, selon les années, du 21, 22 ou 23 décembre au 19, 20 ou 21 janvier. Nivôse suivait frimaire et précédait pluviôse.

La rue du chat qui danse : 

  • Les Plans de Saint Malo au travers du temps

Lectori salutem, Pikkendorff

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