Cartulaire général de l’Ordre des Hospitaliers – J. Delaville Le Roulx

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« An 1100, Bernard, premier patriarche latin d’Antioche, donne aux Hospitaliers un emplacement devant leur hôpital d’Antioche pour bâtir des écuries. »

Extraordinaire cartulaire reprenant les actes temporels de l’Ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem – de nos jours Ordre de Malte – depuis la prise de Jérusalem par les croisés en 1099 jusqu’à l’établissement des Hospitaliers à Rhodes en 1310. Une mine inépuisable de renseignements sur tout ce qui se rattache à l’histoire générale et particulière des Hospitaliers.

« 15 février 1113. Le pape Pascal II, fondateur et prévôt de l’Hôpital de Jérusalem. Il prend l’Hôpital sous sa protection, confirme les acquisitions et les donations de celui-ci en Europe et en Asie, et place sous l’autorité de Gérard les maisons de S. Gilles, Asti, Bari, Otrante, Tarente, Messine, etc. »

L’on lira avec intérêt le compte rendu établi en 1884 de Léopold Delisle de la Bibliothèque de l’École des chartes (pp. 669-674) saluant l’apparition d’un des recueils diplomatiques les plus considérables et les plus importants qui aient été entrepris de nos jours en France. L’œuvre est d’autant plus méritoire qu’elle offrait de très grandes difficultés et qu’elle est due uniquement à l’initiative privée.

M. Delaville le Roulx s’est proposé de recueillir et de publier, soit textuellement soit par extraits, les documents importants relatifs à l’histoire de l’ordre des Hospitaliers depuis l’origine jusqu’en 1310, et, sous la dénomination de « documents importants, » il a compris :

  1. toutes les pièces antérieures à 1120, c’est-à-dire celles qui correspondent aux débuts de l’ordre et à sa première organisation ;
  2. toutes celles qui émanent des grands dignitaires de l’Hôpital (grands maitres, grands prieurs, etc.) ;
  3. toutes celles qui lui furent données par les papes, empereurs, rois, princes et grands feudataires; 
  4. celles qui précisent, quels que soient leurs auteurs, la fondation des commanderies;
  5. celles qui règlent les rapports ou les contestations des Hospitaliers avec les autorités laïques ou ecclésiastiques et avec les autres ordres religieux ou militaires;
  6. les règles, statuts et usages des Hospitaliers.

Lien vers le cartulaire volume 1 avec son introduction en ligne sur Internet Archive :https://archive.org/details/cgohvol1

À propos de l’Introduction

Le tome Ier s’ouvre par une Introduction de 230 pages résumée ici pour aider le lecteur a y trouver plus rapidement ce qui l’intéresse. Le tome 1 se continue avec plus de 700 pages suivi de trous autres tomes d’archives soit près de 3 000 pages.

Page XI À propos de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, 

de nos jours Ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem de Rhodes et de Malte, connu sous le nom d’Ordre de Malte.

Au milieu du mouvement qui, au moyen âge, a entrainé l’Europe vers l’Orient, et parmi les fondations auxquelles il a donné naissance, l’établissement des ordres militaires et religieux, destinés à lutter contre les infidèles et en même temps à secourir les pèlerins qui venaient en foule aux Saints Lieux, a été un des événements les plus féconds en conséquences. On peut dire que, si les chrétiens se sont maintenus en Terre Sainte comme ils l’ont fait durant près de deux siècles, c’est grâce aux chevaliers, à la fois guerriers et hospitaliers, dont l’épée servait à protéger contre les Sarrasins les possessions et la vie des chrétiens établis en Palestine: l’Occident ne les secourait que lorsque le péril devenait imminent et rendait la lutte impossible aux ordres militaires de Saint-Jean de Jérusalem, du Temple et des Teutoniques.

De ces trois « chevaleries», l’une disparut au quatorzième siècle, l’autre se réfugia en Allemagne; les Hospitaliers seuls ne sombrèrent pas au moment où les chrétiens durent quitter la Terre Sainte. Restés les derniers à la défendre, ils n’abandonnèrent Saint-Jean d’Acre (1290) que pour s’établir, après quelques années passées à Chypre sous la protection des rois de Lusignan, dans l’ile de Rhodes (1310). Chassés de Rhodes au seizième siècle (1523), les Hospitaliers émigrent à Malte, que Charles-Quint leur abandonne (1530). Le général Bonaparte, passant devant Malte, comprend l’importance stratégique de cet ilot; il s’en empare (1798), le grand maitre passe sur le continent: le rôle politique, social, militaire de l’Ordre de Saint-Jean s’écroule en un moment; il avait duré, avec des phases diverses, plus de sept siècles, conservant toujours deux caractères bien marquées: il n’avait cessé de combattre le Croissant, et il avait toujours été, par le nombre de ses chevaliers et de ses grands maitres, comme par la bravoure, par l’esprit généreux et chevaleresque de ses membres, un ordre essentiellement français.

Page XIV – Archives de l’Ordre

Il subsiste des archives de l’Ordre de Malte, non seulement des archives centrales, mais encore des archives particulières des innombrables commanderies groupées dans les langues de Provence, d’Auvergne, de France, d’Italie, d’Aragon, d’Angleterre, d’Allemagne et de Castille, y compris même les maisons des Hospitalières de Saint-Jean de Jérusalem. 

Le dépôt d’archives de l’Ordre de Saint-Jean, conservé à La Valette (ile de Malte) et confié à la garde du notaire du gouvernement, dans le palais du gouverneur, est presque intact. Les chevaliers, de tout temps et dès le XIIème siècle, prirent grand soin de leurs archives; des cotes et analyses, écrites au dos des pièces à cette époque, en font foi; dans leurs nombreux déplacements, de Terre Sainte à Chypre, de Chypre à Rhodes, puis, après quelques années pendant lesquelles ils n’avaient pas de domicile, à Malte, ils ont toujours transporté avec eux leurs archives, et les accidents de toute nature, inévitables dans des voyages aussi fréquents, n’ont pas été aussi nombreux qu’on aurait pu le craindre. C’est à ce soin jaloux de conserver les documents concernant l’Ordre que nous devons d’avoir la série presque complète des donations à lui faites pendant son séjour en Terre Sainte (1107-1290).

Pages 27 et ensuite – Historique et archives de chaque langue avec leurs grands prieurés et commanderies

Quelques mots l’organisation de l’Hôpital. 

Le grand maitre gouvernait avec l’aide du Chapitre général, qui se réunissait périodiquement au chef-lieu de l’Ordre; celui-ci disposait du pouvoir législatif. 
Divers Conseils, groupés autour du grand maitre, se partageaient le pouvoir exécutif, et par leurs attributions spéciales dirigeaient les diverses branches de l’administration, chacun dans leur sphère. 
Les chevaliers étaient répartis, suivant leur nationalité, en huit groupes appelés Langues; chacune de celles-ci se subdivisait en grands prieurés, et chaque grand prieuré comptait un certain nombre de Commanderies, auxquelles étaient attachés plusieurs chevaliers sous l’autorité du commandeur. 

  • Page XXVII – Langue de Provence: Grand prieuré de Saint-Gilles, Grand prieuré de Toulouse.
  • Page XLIV – Langue d’Auvergne : Grand prieuré d’Auvergne
  • Page LX – Langue de France : Grand prieuré de France, Grand prieuré d’Aquitaine et Grand prieuré de Champagne.
  • Page CXI – Langue d’Italie : Grand prieuré de Lombardie, Grand prieuré de Rome, Grand prieuré de Venise, Grand prieuré de Pise, Grand prieuré de Capoue, Grand prieuré de Barletta. Grand prieuré de Messine.
  • Page CXXXV – Langue d’Aragon : Châtellenie d’Amposte, Grand prieuré de Catalogne, Grand prieuré de Navarre.
  • Page CLVII – Langue d’Angleterre : Grand prieuré d’Angleterre, Grand prieuré d’Irlande.
  • Page CLXVI – Langue d’Allemagne : Grand prieuré d’Allemagne, Grand prieuré de Bohême, Grand prieuré de Hongrie, Grand prieuré de Dacie, Baillinge de Brandebourg.
  • Page CCXII – Langue de Castille : Grand prieuré de Castille et de Leon, Grand prieuré de Portugal.
  • Page CCXXI – Hospitalières de Saint-Jean de Jérusalem
    • A côté des frères Hospitaliers, des couvents de femmes se fondèrent sous la même discipline que ceux-ci. L’Hôpital ne fit pas exception à cette règle presque générale, et la création des sœurs Hospitalières fut parallèle à celle des Hospitaliers. Cette institution remonte, semble-t-il, à l’origine même de l’Ordre; on l’attribue à une dame Romaine, appelée Alix ou Agnès, qui, venue en Terre Sainte, établit à Jérusalem, sous le vocable de S. Marie Madeleine, un Hôpital destiné aux pauvres femmes malades, dont la fondation fut approuvée par le patriarche de Jérusalem. (extraits choisis)

Aller plus loin

  • Lien vers les quatre volumes du Cartulaire en ligne sur Internet Archive :
  • Remerciement à Jacques Bocar qui a éveillé notre curiosité dans son article 22 avril 2024 parlant de ce capitulaire qu’il a exploité pour sa recension des Commanderies. Allez voir son site hospitaliers-saint-jean.com
  • À noter que les heureux Versaillais peuvent consulter les quatre volumes, sur place, dans leur incroyable bibliothèque municipale. ancien hôtel des Affaires étrangères et de la Marine construit au XVIIIe siècle.
  • Le cartulaire a été traduit en partie en américain sous le titre « The Rule Statutes and Customs of the Hospitallers 1099-1310 » par EJ King en 1934.

Ernest Leroux éditeur, Paris, quatre volumes, 3 000 pages, édités entre 1894 et 1906.

Lectori salutem, Pikkendorff

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