Le Pouvoir des Contes – Nicole Belmont – Revue Esprit mars 2025

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« Tout d’abord, je me posais la question de savoir comment ces contes avaient été créés – on ne sait pas quand ni comment, c’est le grand mystère que l’on a renoncé à dénouer – et se transmettaient sans faire appel à l’écriture. Je me suis dit que les rêves surgissent aussi en dehors de l’écriture. » (page 116)

Très bel article de Nicole Belmont sur les contes : leur création et leur transmission, leur pouvoir sur les hommes, sur l’oralité. Un article qui dénote et relève le niveau de la revue Esprit de Mars 2025. 

« Lors de ses collectes dans sa région, Bladé ne fait confiance qu’au conteur analphabète. Les récits connus par des informateurs qui savent lire et écrire sont suspects à ses yeux, comme contaminé par la littératie. Il y a comme une nécessité, au moment de l’écriture du conte, de le faire sien. Il y a alors un risque d’introduire des éléments issus de fantasmes individuels qui gauchisent la ligne du conte oral. » (page 120)

Ce propos rejoint celui de Nathan Devers, page 257 de son Penser contre soi-même« Le danger de l’écriture, c’est qu’elle puisse tuer la parole. Qu’elle assèche sa vitalité intrinsèque. La langue est une spirale que l’écriture raidit.. Avec les livres, la pensée risque de se cailler. »

Nicole Belmont, Le Pouvoir des Contes, entretien avec Jonathan Charler, 23 avril 2024 paru dans la Revue Esprit de Mars 2025 : https://esprit.presse.fr/article/nicole-belmont/le-pouvoir-descontes-45803

Jean-François Bladé (1827 – 1900), collecteur de contes: https://www.letrasdoc.org/fr/les_auteurs/jean-francois-blade/

À propos de la revue Esprit

La lecture des quelques 160 pages du numéro de mars 2025 de la revue Esprit, fondée en 1932 par Emmanuel Mounier, attristent le lecteur attentif. Si comme le dit le Cohélet « la perfection, c’est tout en s’attachant à un principe, de ne pas lâcher le principe opposé », alors la revue Esprit a trahi celui de ses fondateurs – Emmanuel Mounier, Hannah Arendt, Paul Ricœur – pour n’être plus que des militants parlant à des militants se rêvant des résistants à une extrême-droite indéfinie et présente partout. 


Quelle tristesse de voir une revue si nécessaire participer à la polarisation du débat public et aligner les slogans et le prêt à penser au moment où la complexité du monde requiert une perspective qui aille au-delà des lieux communs.

Lectori salutem, Pikkendorff

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